Taichi chuan ou Taijiquan ?
Quelle est la différence entre le Taichi chuan et le Taijiquan ? Il n’y en a pas, les deux termes désignent la même chose écrite de deux façons différentes.
En effet, les pratiquants de Taijiquan et de Qi gong sont amenés à utiliser des mots chinois, et quand il faut les écrire, nous utilisons généralement l’alphabet latin.
L’utilisation de l’alphabet latin pour écrire la langue chinoise s’appelle la romanisation.
Les plus anciens systèmes occidentaux remontent aux jésuites du 17ème siècle, mais il a existé des dizaines de systèmes de romanisation élaborés par les occidentaux ou par les Chinois eux-mêmes. Si aujourd’hui nous tendons vers une uniformisation, il subsiste toujours des restes de cette diversité d’écriture, comme en témoigne « Taijiquan » et « Taichi chuan ».
Aujourd’hui, les systèmes encore répandus sont :
– le hanyu pinyin (pinyin)
– le système Wade-Giles
– le système Yales (moins répandu)
Le pinyin est le système de romanisation officiel en Chine et à Taïwan. Ces dernière décénies, il est devenu la référence commune dans les écoles de langue, et il est à terme amené à devenir la norme internationale.
Qi gong se prononce « tsi kong » et signifie en chinois « travail du Qi ».
« Qi gong » est la romanisation pinyin, que l’on retrouve quasi universellement.
« Chi kung » est la romanisation Wade-Giles.
« Ki kong » est la romanisation de l’école française EFEO.
Taijiquan se prononce « taye tchi tchuane » et est souvent traduit littéralement par « boxe du faîte suprême ».
« Taijiquan » est la romanisation pinyin appelée à devenir la norme internationale.
« T’ai chi ch’üan » est la romanisation Wade-Giles, encore présente dans certains ouvrages anglo-saxons.
« Taichi chuan » ou « taï-chi-chuan » sont des transcriptions usuelles françaises que l’on retrouve encore fréquemment dans les pays francophones.
Il est à noter que lorsqu’on a l’habitude d’écrire Taichi chuan d’un côté et Qi gong de l’autre, on utilise deux systèmes de romanisation différents. En effet, le Taichi s’est répandu en occident avant le Qi gong, à partir des années 1960-1970, époque à laquelle l’utilisation du pinyin était perçue hors de Chine comme une déclaration politique ou une identification au régime communiste chinois, et donc assez mal vue.
Cela fait que même si « Taijiquan » correspond aujourd’hui à la norme internationale, il se pourrait qu’il ne s’impose jamais à terme tant l’utilisation de « Taichi Chuan » et surtout de « Taichi » sont ancrées profondément.
On peut trouver ceci d’autant plus regrettable que cela créé une confusion entre le « chi » de Taichi (le faîte) et le « Qi » de Qi gong (le souffle) que l’on prononce souvent indifféremment « tchi ».
Pour finir, la traduction littérale de Taijiquan, « boxe du faîte suprême », est assez obscure. Qu’est-ce que le faîte suprême ? Si « quan » fait bien référence au poing fermé du boxeur, le faîte suprême « TaiJi » correspond dans la culture chinoise à la notion de yin-yang, cette singularité première à partie de laquelle naît l’alternance source du mouvement. « Taijitu » est le nom chinois du symbole noir et blanc que nous connaissons tous et que nous appelons yin-yang.
Une traduction plus évocatrice du terme Taijiquan pourrait donc être « Boxe du principe yin-yang ».
